Octave Tassaert, Le Calendrier des Vieillards

Un conte de La Fontaine peint par Tassaert : découverte d'un tableau de la collection Dumas fils.

Octave Tassaert (Paris, 1800 – Paris, 1874)
Le Calendrier des vieillards
Vers 1852
Huile sur toile
31 × 23 cm
Traces de signature en rouge, illisibles

Provenance : collection Alexandre Dumas fils, Paris ; sa vente, Hôtel Drouot, 12-13 mai 1892, lot 106.
Bibliographie : Bernard Prost, Octave Tassaert, notice sur sa vie et catalogue de son œuvre, Paris, 1886, note au n° 108.
État : toile rentoilée et restaurée anciennement ; dévernie et revernie par la galerie en 2026 ; bon état ; cadre en bois doré d'époque (encadreur Sedille, Paris).

Description de l'oeuvre

Un vieux mari, lunettes sur le nez, se penche au-dessus du lit et désigne d'un doigt sévère le calendrier accroché au mur : celui des jours d'abstinence que l'Église impose aux époux. Sa jeune femme lui a déjà tourné le dos. Tassaert traite le conte de La Fontaine avec la verve et la liberté de touche de ses formats de cabinet : palette brune et dorée, blancs du linge posés en pâte, toute la scène tenant dans une alcôve.

Elément de l'enquête

Au dos du cadre, une photographie ancienne, déchirée : le portrait d'Alexandre Dumas fils par Léon Bonnat. L'indice oriente la recherche vers la collection de l'écrivain, qui possédait cinquante Tassaert et préfaça le catalogue de son œuvre. Le catalogue de sa vente, à Drouot en mai 1892, donne au lot 106 un Calendrier des vieillards. Prost (1886) recense deux versions du sujet et décrit celle-ci : la femme couchée vue de dos, la chemise retroussée. Le tableau y répond trait pour trait, et ses dimensions, 31 × 23 cm, sont exactement celles que Prost indique. Sujet, variante, format et provenance concordent.

Vie de l'artiste

Octave Tassaert (Paris, 1800-1874) est le dernier d'une lignée d'artistes anversois, peintres, sculpteurs et graveurs depuis le XVIIIe siècle. Formé aux Beaux-Arts de Paris, contemporain de Delacroix et de Corot, il fut le peintre des formats intimes, tour à tour galants et misérables. Son siècle l'a surnommé « le Corrège de la mansarde » (Théophile Gautier) et « le Prud'hon des pauvres » (Charles Blanc). Alexandre Dumas fils en possédait cinquante tableaux ; le musée du Luxembourg et le musée Fabre de Montpellier en conservent. Vendu pour presque rien de son vivant, il tient aujourd'hui une place discrète mais sûre en ventes publiques.

Détail de l'oeuvre

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